Le phare de l'Île-aux-Oeufs
Un patrimoine maritime disparu
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«Je m'inquiète de voir disparaître les fruits de deux cents ans de vie marine. On oublie que le Québec a été un pays de marins, ce dont les phares témoignent. Des centaines d'années d'histoire, d'architecture, d'ingénierie, de lanternes et de miroirs, ce n'est pas rien.»
«Grands mercis et bravos à ceux qui nous proposent d'en remarquer l'élégance, la beauté et l'intérêt. Saissisons donc l'occasion, comme pour notre langue en danger, d'affirmer que nous sommes cette histoire, que le fleuve est lui aussi notre terre.»
Joël Le Bigot, Préface du livre, Les sentinelles du Saint-Laurent. Sur la Route des phares du Québec, de Patrice Halley, Les Éditions de l'Homme, Québec, 2002
«On aura beau éteindre les phares un à un -satellite oblige- ils raconteront toujours des histoires»
Georges Langford, Ici le Rocher-aux-Oiseaux, Les Éditions La Morue verte, Îles de la Madeleine, QC, 2010
De tout temps, l'Île-aux-Oeufs a été reconnue comme un site d'importance pour la nidification de nombreux oiseaux aquatiques. La présence sur l'île d'un multitude d'oiseaux de mer qui, chaque année depuis des siècles, viennent nîcher et couver leurs oeufs sur ses rochers est à l'origine de son nom. Dès le 17e siècle, les premiers explorateurs désignent cette île sur les cartes géographiques sous l'appelation de l'île aux Oeufs, en raison de l'abondance de nids d'oiseaux sur les rochers de l'île.
Toutefois, l'Île-aux-Oeufs doit davantage sa renommée à l'un des plus célèbres naufrages survenus dans le golfe du Saint-Laurent sous le Régime français, il y 300 ans cette année: le naufrage de la flotte de Walker. Dirigée par l'amiral Sir Hovenden Walker, une dizaine de navires de l'imposante flotte anglaise de 60 navires s'échouent, dans la nuit du 22 au 23 août 1711, contre les dangereux récifs de l'Île-aux-Oeufs. L'amiral Walker perdit alors environ 900 hommes forçant ce dernier à rebrousser chemin et à abandonner l'attaque de Québec.
Afin de prévenir les marins des dangers que représentent les dangereux récifs de l'Île-aux-Oeufs, le gouvernement du Canada y construit, en 1871, un phare et la maison du gardien sur les plus haut rochers de l'île. Ce site internet vise à faire connaître l'Île-aux-Oeufs, le phare et la maison du gardien construits sur l'île, où cinq gardiens de phare et leur famille ont vécu entre 1872 et 1970. Plus particulièrement, ce site internet présente le gardien de phare Elzéar Chouinard et sa famille, qui ont gardé et veillé au bon fonctionnement du phare de 1911 à 1958. Le 1er juillet 2011 marque d'ailleurs le centenaire du début d'Élzéar Chouinard au poste de gardien de phare de l'Île-aux-Oeufs.
C'est mon père, Robert-Patrick Chouinard, qui m'a insufflé cet intérêt pour l'Île-aux-Oeufs. En nous racontant ses souvenirs d'enfance, dont les étés passés sur l'île en compagnie de son grand-père Elzéar Chouinard et sa grand-mère Élise Fraser, son oncle Émile et ses nombreuses tantes Chouinard (les filles du gardien), mon père nous communiquait son amour pour l'île aux Oeufs, la Côte-Nord, l'Île Verte également, sans oublier sa passion de marin, son admiration et son grand respect pour la nature du fleuve Saint-Laurent.
Je tiens à remercier tout particulièrement mon frère, Georges Chouinard, pour avoir élaboré son document inédit intitulé L'île-aux-Oeufs, regroupant des extraits du livre de Damase Potvin Le Saint-Laurent et ses îles et des illustrations de la vie de la famille Chouinard sur l'Île-aux-Oeufs. Son document m'a grandement incité à créer le présent site Internet. De la même manière, le premier site Internet de Robert Jourdain portant sur les Ilets-Caribou m'a encouragé à approfondir mes recherches sur l'Île-aux-Oeufs, les familles Chouinard et Jourdain et aussi l'évolution historique de cette partie de la Côte-Nord.
Je veux aussi remercier ma mère, Magella Simard Chouinard, de m'avoir gentiment permis de photographier et d'utiliser pour ce site internet l'image de sa peinture à l'huile du phare de l'Île-aux-Oeufs qu'elle avait peinte pour mon père en 1980. Je la remercie également de nous avoir donné accès, à mon frère et à moi-même, aux albums de photos de famille, dont celles de la famille Chouinard à l'Île-aux-Oeufs. Un grand nombre d'illustrations de ce site proviennent notamment de ces albums de famille, mais aussi des ouvrages de référence, des archives nationales ou encore de d'autres sites internet traitant des phares ou de la Côte-Nord.
Ce site est dédié principalement à la mémoire des valeureux gardiens de phare et aussi, aux courageuses femmes de gardien de phare du fleuve et du golfe Saint-Laurent qui ont, durant plus de 200 ans, guidé et aidé de nombreux marins et voyageurs à éviter d'importantes catastrophes et tragédies maritimes. Il est primordial de préserver et mettre en valeur ce patrimoine naturel et maritime unique et d'une très grande richesse. Espérant que ce site permettra de mieux faire connaître l'importance des phares et surtout, d'inciter la population à mieux protéger les phares encore existants, ces magnifiques joyaux de l'histoire maritime du Saint-Laurent.
Roger Chouinard, Québec, 14 juillet 2011
Robert-Patrick Chouinard, petit-fils du gardien de phare Elzéar Chouinard
Oeuvre d'art de l'en-tête et arrière-plan de la page: Le phare de l'Île-aux-Oeufs, huile sur toile réalisée par Magella Simard Chouinard, Québec, 1980
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